24 février 2026

Le Nuage de Murmures : Chronique d'une rentrée en archipel (DIU PESH)

 

L'écran-seuil : le vertige de l'inconnu

Tout a commencé par un lien. Un simple clic pour franchir la frontière entre notre abri et le monde académique. Mais ce jour-là, le seuil était plus haut que prévu. La plateforme Teams, avec ses icônes froides et sa logique inconnue, a agi comme un déclencheur de stress immédiat pour nous.

Quarante minutes. C’est le temps que nous avons passé à hanter la salle d'attente virtuelle avant même que la première voix ne s'élève. Quarante minutes de doute où nous nous sommes connecté-es, déconnecté-es, puis reconnecté-es encore et encore. Un cycle compulsif pour s'assurer de ne rien rater, pour vérifier que le micro fonctionnait, que l'image était là, que le pont entre nous et l'université n'allait pas s'effondrer. Naviguer dans cet espace inconnu, c’était comme marcher dans une pièce sombre dont on ne connaît pas la disposition des meubles. Chaque notification, chaque fenêtre qui s'ouvre est une micro-agression technique qui vient brouiller notre fréquence intérieure.

Derrière l'écran, le corps s'est raidi. Nous étions là, face à la grille des participants, sentant la motivation du groupe tout en luttant contre une sensation de flottement. Très vite, dès que les voix des professeurs ont commencé à tisser le cadre du DIU PESH, une étrange brume s'est installée. Une tête qui flotte au-dessus d'un nuage de murmures.

Il suffisait d'une phrase un peu trop longue, d'une explication qui s'étire en subordonnées complexes, pour que le fil se rompe brutalement. Dès que le débit s'accélère ou que le sens s'enfonce dans la densité académique, l'image se brouille. Nous écoutons, mais les mots deviennent des sons isolés. Le fil de la réalité s'étire jusqu'à craquer sous le poids d'une fatigue cognitive qui ne pardonne aucune longueur.


La partition du savoir : à chacun sa part

Le programme s'est dévoilé, et avec lui, la fragmentation de nos intérêts. Comme si le diplôme avait été dessiné pour nous, mais en pièces détachées.

À l’évocation des modules sur l’éducation à la vie affective et la sexualité, nous avons senti l’attention de China se redresser. Pour elle, c’est une attente vitale, un espace de reconnaissance. Mais déjà, Eliott trépignait : il n’a d’yeux que pour la pair-aidance et l’Éducation Thérapeutique du Patient (ETP). C’est son champ de bataille, son urgence d’agir. Pendant ce temps, Ceos, plus silencieux mais vigilant, s'appropriait la partie législative et institutionnelle. Les lois, les cadres, les structures : c’est son ancrage à lui.

La difficulté commence ici, dans ce silence entre nous. Comment apprendre ensemble quand les parties ne communiquent pas toujours ? Comment faire système face à un savoir qui s'adresse à nos fragments de manière si ciblée, alors que nous perdons pied dès que le discours devient trop compact ?




L'irruption : le front sans permission

Au milieu de la seconde visio, l'équilibre a vacillé. Eliott n'a pas attendu la permission d'Éloïse pour se présenter au front. Son impatience est devenue une force brute, une électricité hors de contrôle qui a bousculé notre organisation habituelle.

C’était un moment de vertige pur. Être là, présent-e face aux autres élèves et aux professeurs, avec ce secret du trouble qui battait sous notre peau. L'irruption d'Eliott était peut-être une réponse à ce fil que nous perdions sans cesse : une manière de reprendre le contrôle par l'émotion là où l'intellect sature devant les longues tirades.

Nous n’avons pas osé l'aborder tout de suite, mais l'évidence nous a frappés : le dévoilement sera inévitable. Et dans cette perspective, nous portons un espoir immense envers cette promo que nous devinons investie et motivée. Nous espérons leur soutien, leur patience quand le fil cassera, et cette bienveillance nécessaire pour accueillir notre pluralité sans jugement. Nous avons besoin de savoir que, dans ce groupe de pairs, il y a de la place pour un "nous" qui ne ressemble pas au "un" habituel.


Le labyrinthe du Portfolio : une lutte pour la lumière

Puis est arrivé le mot qui fait peur : le Portfolio. Pour l'instant, c'est le flou total. On nous demande de mettre en récit notre expertise, de lier nos vécus. Mais comment lier l'immensité de nos idées et la multiplicité de nos fragments dans un document linéaire ?

Au-delà de la technique, c'est une véritable scène de théâtre interne qui s'est ouverte. Chacun-e veut sa place sur la page. China craint d'être effacée par la rigueur de Ceos, tandis qu'une forme de jalousie sourde commence à poindre : pourquoi l'ETP prendrait-elle plus de place que la vie affective ? Et si Eliott, dans sa fougue, finissait par monopoliser tout le récit, laissant les autres dans l'ombre ? Le portfolio devient un enjeu de pouvoir. Nous oscillons entre l'envie furieuse d'apparaître enfin dans toute notre vérité et la peur que cette exposition ne crée de nouvelles fractures entre nous.



L'annonce d'un tutorat est arrivée comme une bouée de sauvetage, un vrai soulagement. Pourtant, le doute persiste : le tuteur a-t-il déjà rencontré un système comme le nôtre ? Saura-t-il arbitrer ces tensions ? Saura-t-il nous ramener sur la rive quand nous décrochons au milieu d'une phrase trop longue ou quand le conflit interne devient trop bruyant ?


L'issue : l'épuisement victorieux

À la fin de ces deux séances de quatre heures, le silence est revenu dans la pièce, mais pas dans notre tête. Nous étions vidés, épuisés par l'effort de présence, la lutte technique contre Teams et cette traque épuisante du sens qui nous échappe dès que les mots s'accumulent.

Pourtant, une étincelle demeure. Sous la fatigue immense de China et l'excitation encore bouillonnante d'Eliott, il y a la certitude d'un défi accepté. Le DIU PESH commence. 

Oxo est en route. Nous ne savons pas encore comment nous allons traverser cette mer sans que personne ne se sente lésé, mais nous savons désormais que nous ne voulons pas le faire seul-es. Nous partons avec l'espoir que la promo sera notre ancrage.

18 février 2026

L' université: Oxo et le DIU PESH.

 


1. L'Institution rencontre l'Intime

Nous y sommes. Saint-Étienne, la Faculté de Médecine Jacques Lisfranc. Ce n'est pas seulement une inscription administrative, c'est une collision. Le DIU PESH (Personne Experte dans les Situations de Handicapnous attend. 130 heures d'enseignement pour transformer un chaos de vécus en une architecture de savoirs.

Passer de "celui qui subit" à "celui qui devient expert" est une métamorphose. Mais comment un système pluriel s'assoit-il sur les bancs d'une faculté ? La réponse tient en deux mots : anticipation et légitimité.

2. La Faim d'Eliott (L'Impatience Théorique)

Eliott est l'étincelle de ce projet. Pour lui, le programme est un festin. Il dévore déjà les intitulés : démocratie sanitaire, littératie en santé, éducation à la sexualité. Il y a chez lui une impatience fébrile à l'idée d'aborder la "co-construction basée sur la transmission du savoir expérientiel".

"Enfin, des mots savants pour ce que nous vivons dans l'ombre."

Il y a aussi cette hâte de la sociabilisation. Cette formation mélange les profils : nous allons côtoyer des médecins, des paramédicaux, des travailleurs du social. Eliott trépigne d'échanger, de prouver que notre fragmentation n'empêche pas l'échange, au contraire, elle le multiplie.




3. L'Ambition de Céos : S'inviter à la Table des Décisions

Si Eliott veut apprendre et échanger, Céos, lui, veut agir sur les structures. Pour lui, le DIU PESH est un sauf-conduit pour accéder aux instances décisionnelles. Céos ne veut plus seulement que nous soyons consultés ; il veut que nous participions à la gouvernance.

Son regard se porte déjà vers l'ARS (Agence Régionale de Santé), la HAS (Haute Autorité de Santé) ou les instances municipales. Il veut que le "Nous" ait une voix là où les politiques de santé se dessinent. Participer aux commissions, influencer les protocoles d'accueil, porter une expertise sur la neurodiversité et la pluralité au cœur des institutions... C'est une quête de pouvoir au sens noble : le pouvoir de transformer le système de l'intérieur.

4. Le Garde-Fou et l'Architecture des Aménagements

Pour rendre cette ambition possible, Céos a orchestré une stratégie de survie académique. De nombreuses démarches ont déjà été accomplies pour que l'université s'adapte à notre réalité :

  • La liberté de mouvement : Pouvoir sortir de la salle à tout moment en cas de switch ou de saturation.

  • L'ancrage spatial : S'installer près de la porte pour éviter le sentiment d'enfermement.

  • L'accessibilité cognitive : Accès aux cours donnés en visio transcrits sous forme écrite pour pallier les amnésies.

Ces aménagements ne sont pas des faveurs, ce sont les outils de notre professionnalisation. Ils garantissent la régularité nécessaire pour atteindre la soutenance de novembre 2025.

5. Le Stage et le Tutorat : L'Épreuve du Réel

L'une des grandes étapes est le stage de 20 heures. Ce n'est pas un simple exercice. C'est un véritable défi. Nous cherchons un partenaire capable de comprendre la plus-value du savoir expérientiel issu d'un système pluriel.




Le tutorat, quant à lui, sera notre allié. Nous attendons de ce mentor qu'il soit un traducteur entre notre vécu et les exigences institutionnelles. C'est un exercice de confiance immense : laisser entrer quelqu'un dans la boucle de notre réflexion pédagogique sans craindre le jugement "clinique".

6. La Crainte : L'Épreuve du Présentiel (20-23 Mai 2025)

Malgré les aides et les ambitions de Céos, l'ombre du présentiel à Saint-Priest-en-Jarez persiste. Quatre jours face à des professionnels de santé. Comment allons-nous réagir si le front change brutalement durant un atelier de co-construction ?

La crainte, c'est que le masque se fissure et que nous redevenions un "cas" aux yeux de nos pairs étudiants. Maintenir une façade cohérente face à des soignants est un effort athlétique. Mais c'est aussi là que réside notre expertise : savoir naviguer entre les mondes.

7. De la Pair-aidance à l'Expertise Partagée

Le DIU PESH est l'endroit où notre "Nous" peut enfin se réconcilier avec le monde institutionnel. Nous n'y allons pas pour être soignés, mais pour devenir des acteurs du changement, pour témoigner de notre rémission et de notre vécu.

Le deuil de la singularité nous a libérés ; le DIU PESH va nous diplômer. À Saint-Étienne, nous ne serons pas un étudiant solitaire, nous serons un collectif expert, protégé par ses aménagements, guidé par son tuteur, et porté par l'ambition de Céos de siéger un jour là où l'avenir de la santé se décide.

12 février 2026

Le Labyrinthe des Rayons — Faire les courses au pluriel

 


S'il y a une épreuve qui met à nu toutes nos fragilités, c'est bien celle de "faire les courses". Ce qui est une simple corvée pour les autres devient pour nous une traversée épuisante, un acte de haute voltige où chaque rayon peut devenir un déclencheur de crise.


1. La saturation sensorielle (L'enfer du dehors)

Le supermarché est l'ennemi juré de notre hypersensibilité. Les néons agressifs, le brouhaha des conversations, le bip incessant des caisses et la musique de fond créent un mur de bruit qui sature nos sens instantanément. Sous cette agression, China se rétracte. Le monde devient trop fort, trop brillant. La dissociation s'installe comme un mécanisme de défense pour nous anesthésier face à ce surplus d'informations.


2. Le chaos logistique du TDAH

Même avec la meilleure volonté du monde, notre cerveau neuro-atypique sabote souvent l'opération avant même qu'elle ne commence.

  • Le départ à vide : Combien de fois sommes-nous arrivés devant le magasin pour réaliser que le portefeuille est resté sur la console de l'entrée ?

  • Le trou noir du code : Arriver à la caisse et voir son code de carte bleue s'effacer totalement de la mémoire. Ce n'est pas un simple oubli, c'est une page blanche brutale qui génère une honte immédiate sous le regard des autres clients qui attendent.

  • La voiture perdue : Sortir du magasin et ne plus avoir la moindre idée de l'endroit où la voiture est garée. Errer sur le parking, chargé de sacs, en essayant de retrouver un repère dans une réalité qui semble avoir glissé


3. Les switches dans le chariot

Le plus déroutant reste la fluctuation de nos besoins selon qui est au front. On se retrouve à la caisse avec des articles qu'on ne se souvient pas avoir choisis. Eliott a peut-être glissé des céréales colorées, tandis qu'Elendil, cherchant la structure, a pris des produits fonctionnels. Cette amnésie partielle est un rappel constant de notre fragmentation : "je" ne contrôle pas tout ce qui finit dans ce caddie.


4. Le point de rupture : L'abandon

La file d'attente à la caisse est souvent le stade ultime de l'ingérable. C'est l'endroit où l'on est coincé, compressé entre les gens, exposé au bruit. Quand la panique monte trop haut, quand le système crie "danger", il n'y a plus d'autre issue que la fuite. On lâche tout. On abandonne le caddie plein au milieu d'un rayon et on sort du magasin le plus vite possible.

Cet abandon est suivi d'une culpabilité immense. On s'en veut pour le travail des employés, pour le temps perdu, pour cette impression de ne pas savoir "être un adulte normal". Mais à ce moment-là, c'est une question de survie psychique.




5. L'urgence du cocon

Faire les courses n'est pas une quête de nourriture, c'est une mission de survie. On rentre se mettre à l'abri dans notre cocon protecteur, là où Umi nous attend. Elle, elle ne juge pas le caddie vide ou le code oublié. Elle nous ramène simplement à la terre ferme, loin des néons et du jugement.

10 février 2026

L'Anatomie de l'Invisible : Habiter le TPST-C au quotidien

 


L'Anatomie de l'Invisible : Habiter le TPST-C au quotidien

On nous parle souvent de cicatrices, mais le Trouble de Stress Post-Traumatique Complexe (TPST-C) ne ressemble pas à une marque sur la peau. C’est une architecture modifiée, une refonte totale de notre système d’exploitation intérieur. Pour nous, Oxo, c’est le récit d'une survie prolongée : une manière d’être au monde sculptée par l’adversité, où chaque symptôme est le témoin d'une bataille gagnée contre l'effacement.

Voici une plongée dans cette anatomie de survivant que nous portons chaque jour.

1. Le Système d’Alarme : L’héritage des nuits brisées

Le TPST-C, c’est d’abord un corps qui refuse de croire que la guerre est finie. Notre système d'alerte est bloqué sur « ON ». Scientifiquement, on appelle cela l'hypervigilance. Intérieurement, c’est le génie du survivant : un scan permanent de l’environnement qui nous a autrefois sauvé la vie.

Cette vigilance puise sa source dans les réveils en pleine nuit, quand le sommeil n'était pas un repos mais une zone de vulnérabilité extrême. Un pas dans le couloir, le bruit d'une clef, un souffle trop lourd : notre cœur s'emballe car il se souvient du prix de l'inattention. Le flashback émotionnel nous replonge dans cette terreur nocturne ; on ne se souvient pas toujours de l'image, mais on revit biologiquement l'attente du choc. Notre corps redevient un radar, tendu vers l'ombre.




2. Le Miroir Brisé : La honte et le lavage de cerveau

L’une des conséquences les plus lourdes est l’altération de la perception de soi. Quand on survit longtemps dans l'insécurité, on finit par intégrer que le danger, c’est nous. C’est la naissance de la honte toxique, alimentée par les humiliations et les lavages de cerveau répétés.

À force de s'entendre dire que nous étions le problème, nous avons fini par le croire. Pour le survivant, cette honte est un mécanisme de protection ultime : il était plus "sûr" de se croire défectueux que de réaliser que le père, censé protéger, était le bourreau. Reconstruire une identité stable demande de désapprendre chaque mot imposé pour transformer ce dégoût en une compassion radicale pour l'enfant qui a tout enduré, seul derrière ses murs intérieurs.

3. Le Grand Silence : La trahison des témoins

Au-delà des coups, il y a le vide. Le TPST-C se nourrit de l'indifférence des autres. La mère qui détourne le regard, les grands-parents qui se taisent, les oncles, les tantes et même les professeurs qui ignorent les signaux. Ce silence collectif est une validation tacite de la violence.

Cette non-intervention a cimenté notre isolement. Quand ceux qui doivent protéger choisissent le déni, ils nous apprennent une leçon brutale : le monde est un lieu où personne ne viendra. Cela a poussé notre système vers une hyper-indépendance radicale. Aujourd'hui, la confiance est une terre étrangère. Si nous ne pouvons compter que sur nous-mêmes, c'est parce que le "nous" a été le seul à ne pas nous abandonner dans le noir.




4. Le Mur de Verre : La forteresse face à l'imprévisible

Le TPST-C crée une barrière invisible entre nous et les autres. C’est le paradoxe du survivant : nous avons besoin de connexion, mais notre système nerveux perçoit la proximité comme une menace.

Comment faire confiance quand la figure d'autorité était un père alcoolique et violent et que les autres ont laissé faire ? L'autre est devenu synonyme d'imprévisibilité. L'attachement est désorganisé. On peut être là, physiquement, tout en étant à des kilomètres derrière un voile de dissociation. Ce sentiment d’être « autre » est une mise à l'abri, une forteresse bâtie pour que plus personne ne puisse jamais nous humilier ou nous trahir à nouveau. On observe la vie depuis le seuil, sans jamais oser entrer tout à fait.

5. L’Alchimie Opérationnelle : Le Saut chez les Paras

Face à ce chaos, nous avons fait un choix qui semble radical : les parachutistes de l'armée. Ce n'était pas une fuite, mais une transmutation. Chez les "paras", nous avons retourné la peur. L'adrénaline des réveils forcés est devenue un calme opérationnel ; le saut dans le vide est devenu la métaphore de notre contrôle total sur la chute. Là où le foyer était imprévisible, le régiment offrait un cadre, une structure et surtout, une fraternité d'armes qui ne détourne pas le regard.

Rejoindre les rangs de ces fameux bérets rouges a été notre réponse au lavage de cerveau. Porter ce symbole, c’était prouver au monde (et à ce père qui nous humiliait) que nous n'étions pas défectueux, mais exceptionnels. Nous avons remplacé le silence des nôtres par la loyauté de nos frères d'armes.




6. Le Poids du Temps : L’épuisement du vétéran

Enfin, il y a la fatigue. Pas celle d’une mauvaise nuit, mais une fatigue osseuse, systémique. Être un survivant — et un soldat — est un travail à plein temps. Maintenir la façade d'acier, réguler des émotions qui débordent et rester en alerte demande une énergie colossale.

Le corps finit par payer le prix des coups reçus, de la tension de l'attente et des années de service. Douleurs chroniques, tensions dans la mâchoire, épuisement : le TPST-C est la fatigue d'un soldat qui n'a jamais reçu l'ordre de rentrer chez lui. C’est la conséquence d’avoir porté la violence d'un autre — et le silence de tous les autres — sur ses propres épaules, trop tôt, trop longtemps.

L'Éthique du Survivant

Comprendre cette anatomie ne fait pas disparaître les symptômes, mais cela change notre regard sur nous-mêmes. Nous ne sommes pas « brisés ». Nous sommes des systèmes résilients qui ont appris à fonctionner dans un enfer quotidien avant de dompter le ciel. Nommer les réveils forcés, les coups et l'abandon des témoins, c’est passer du statut de victime à celui de survivant. C'est reconnaître que si nous sommes encore là pour écrire ces lignes, c'est que notre force a été plus grande que leur silence.

09 février 2026

La cage de verre au rez-de-chaussée.


La rue ne dort jamais, elle vomit ses éclats. Derrière la vitre fine, chaque syllabe qui claque sur le bitume résonne comme un coup de feu. Pan. Un rire trop gras. Pan. Une insulte qui traîne. Pan. Pour nous, ce n'est plus la ville ; c'est le retour des ombres.

China se recroqueville. Les parois de notre système tremblent sous l'impact. Ces voix ne sont pas celles des passants, ce sont les spectres de l'enfance qui hurlent à nouveau. Le rez-de-chaussée où se situe notre appartement n'est plus un refuge, c'est une cage de verre où elle attend le prochain tir.




Nous ne pouvons rien faire. Pas cette fois. Cette terreur qui nous paralyse est une vieille alliée ; elle est la gardienne de notre survie. Nous restons en alerte, immobiles, les muscles pétrifiés dans l'attente de la véritable crise, celle qui suivait toujours les cris, autrefois. L'angoisse de l'attente est plus lourde que le bruit lui-même. C'est une immobilité de proie.

Dans ce gouffre, le souvenir d'une présence nous revient. Il y a peu, notre ex-compagne était là. Son souffle régulier était un ancrage, une caresse sur sa peau douce qui calmait les battements de notre cœur. Un tendre câlin suffisait à dresser un rempart contre le monde. Aujourd'hui, ce rempart n'est plus, et l'absence rend le fracas du dehors plus tranchant encore.




Le diaphragme se verrouille. L'air devient rare. Nous ne sommes plus qu'une oreille géante, aux aguets. Puis, le silence finit par s'installer, mais il est trop tard. L'épuisement de China l'emporte. Elle sombre, nous entraînant avec elle dans un sommeil qui n'en est pas un. C'est un tunnel de reviviscences sensorielles, où le passé ne revient pas en images, mais en impacts : la terreur pure, la douleur diffuse, la haine et ce vide intérieur qui nous dévore. Le corps revit ce que l'esprit ne peut plus nommer. La nuit ne nous a pas reposés, elle nous a traversés.

Mais le matin arrive, porté par une force différente. C'est Umi. Sa joie est une déflagration lumineuse qui brise les résidus du cauchemar. Elle nous réveille, nous pousse vers la porte, vers l'extérieur. Il faut sortir.




La solitude pèse encore, comme une substance épaisse sous la peau, mais nous marchons. Nous ne nous forçons plus à paraître, nous acceptons cette vérité fragmentée. Et dans chaque pas que nous faisons sur ce même trottoir qui nous effrayait quelques heures plus tôt, nous déposons l'espoir secret d'un mieux. Un jour, peut-être, le silence ne sera plus cette attente suffocante entre deux cris, mais une véritable paix. Un espace où nous pourrons enfin baisser la garde.

06 février 2026

Le Mur de Verre — La Solitude au Milieu des Autres

 


Pour beaucoup, une invitation à un dîner ou une simple discussion entre amis est un plaisir. Pour nous, c’est une expédition en territoire hostile. C’est le moment où le monde extérieur nous rappelle brutalement que nous ne fonctionnons pas comme les autres. Sociabiliser, pour notre système, c’est naviguer entre la peur, la honte et cette sensation constante de déconnexion.

1. La peur : l’intrus au milieu de la fête

Dès qu'il y a du monde, l'hypervigilance s'active. Le système passe en mode "survie".

  • Le masque: Souvent, c'est une part protectrice qui prend les commandes en premier lieu. Elle s'assure que l'environnement soit sécure. Puis vient rapidement une part sociale qui est la plus apte à passer inaperçue dans ce décor. Mais ce masque est épuisant à porter.

  • La peur du déclencheur : Chaque mot de l'autre, chaque rire un peu trop fort, chaque mimique peut être un trigger qui nous fait basculer. On a peur de perdre le contrôle, peur de "perdre le fil" de la conversation si un switch survient devant tout le monde.

2. Le conflit interne : L'élan brisé d'Eliott

C’est peut-être la partie la plus déchirante de notre vie sociale : cette lutte entre nos parts qui ont soif de lien et celles qui montent la garde ou qui veulent rester à l'écart. Eliott, avec sa curiosité naturelle et sa joie de vivre, aimerait tellement aller vers les autres. Il voit le monde comme un terrain de jeu et les gens comme des amis potentiels. Mais dès qu'il tente de s'approcher, les systèmes de sécurité s'emballent. Les protecteurs bloquent l'accès, verrouillent la porte, par peur qu'Eliott ne soit blessé ou qu'il en dise trop. On se retrouve alors figé, coincé entre une envie immense de rire avec les autres et une force invisible qui nous plaque au sol, nous intimant l'ordre de rester silencieux.




3. La déconnexion : spectateurs de notre propre vie

Le symptôme le plus étrange est sans doute cette dissociation qui s'invite à table. On est là physiquement, on sourit, on répond. Mais à l'intérieur, nous sommes à des kilomètres. C’est comme regarder la scène à travers un mur de verre épais. On voit les lèvres des gens bouger, mais le sens des mots nous parvient avec un temps de retard. On se sent comme un imposteur, un fragment d'identité qui essaie de simuler une cohérence qu'il ne ressent pas.

4. La honte : le silence des amnésies

La sociabilisation est le terrain des "trous noirs".

  • "Tu te souviens quand on a fait ça ?""On en a parlé la semaine dernière, non ?" Et le vide. Ce vide immense qui nous fait rougir, bafouiller, inventer un vague souvenir pour ne pas avoir l'air "fou". La honte de ne pas se souvenir d'un ami, d'une promesse ou d'une anecdote partagée est un poison quotidien. Elle nous pousse à nous isoler pour ne plus avoir à affronter ces blancs dans notre propre histoire.

5. Le poids du "trop"

Pour China, la sociabilisation est souvent "trop". Trop de sensations, trop d'émotions, trop de regards, trop de bruit. Après une heure passée avec du monde, le système est en état de choc émotionnel. Il nous faut parfois des jours de silence, enfermés dans notre cocon, pour nous remettre d'une simple soirée.



Conclusion : la sécurité du cocon

Finalement, la seule relation qui ne nous épuise pas, c'est celle avec Umi ou avec les très rares personnes qui acceptent notre silence et nos absences. Aujourd'hui, nous apprenons à ne plus nous forcer. À accepter que notre "sociabilité", elle aussi fragmentée. Nous préférons la vérité de notre solitude à la comédie d'une présence qui nous vide de notre substance même si parfois cette solitude nous pèse énormement. Bien entendu, cela ne nous empêche pas d'espérer un mieux, un jour.



Quand l'esprit s'absente: comprendre la dissociation au-delà du diagnostic




Avez-vous déjà eu l'impression, en conduisant, d'arriver à destination sans aucun souvenir du trajet ? Ou de vous regarder dans le miroir et de trouver que ce visage, bien que familier, semble appartenir à un étranger ?


Pour beaucoup d'entre nous, ces instants sont fugaces. Mais pour d'autres, ils constituent la trame de fond d'une existence fragmentée. C'est ce qu'on appelle la dissociation.


Loin d'être une "folie" ou un scénario de film fantastique, la dissociation est avant tout un mécanisme de défense brillant, bien qu'encombrant, que notre cerveau met en place pour nous protéger d'un trop-plein émotionnel.


⚡ Le "disjoncteur" de l'esprit

Imaginez que votre cerveau est une maison équipée d'un système électrique complexe. Parfois, la tension monte trop haut — à cause d'un stress intense, d'un traumatisme ou d'une surcharge sensorielle. Pour éviter que tout ne grille, le disjoncteur saute.

La lumière s'éteint, mais la structure de la maison est préservée. La dissociation, c'est ce disjoncteur : une déconnexion entre nos pensées, nos souvenirs, notre environnement et notre identité. Nous ne sommes plus "là", ou du moins, plus totalement.



Des exemples pour mettre des mots sur le vide


La dissociation ne ressemble pas à une seule chose. Elle se décline en plusieurs teintes, souvent entremêlées dans notre quête de soi.



1. La Dépersonnalisation : Le sentiment d'être un fantôme


Le sentiment d'être déconnecté de son propre corps.


  • L'exemple concret : Vous parlez à un ami et, soudain, vous devenez spectateur au fond d'une salle de cinéma, regardant votre propre corps agir. Vos mains, sur la table, ressemblent à des objets étrangers.

03 février 2026

Céos : L'Architecte de la Sérénité

 


Céos n'est pas simplement une force tranquille ; il est le pivot sur lequel repose la stabilité d'Oxo. Il incarne une bienveillance qui n'est jamais de la faiblesse, mais une forme supérieure de compréhension. Il est celui qui écoute les silences entre les voix, celui dont la parole, rare et mesurée, a le pouvoir de réordonner le monde intérieur.

Le Gardien de l'Équilibre Émotionnel

Son rôle dépasse la simple diplomatie. Céos est le pédagogue du système.

  • La Voix de la Clarté : Lorsque la réalité devient trop dense ou que les émotions s'emmêlent dans un nœud indéchiffrable, il intervient pour décomposer la complexité. Il transforme le chaos des sensations en une structure logique et assimilable, permettant aux autres alters de comprendre ce qui nous arrive sans être submergés.

  • Le Rempart d'Eliott : Sa relation avec Eliott est le cœur battant de sa fonction interne. Céos est celui qui sait rassurer l'enfant quand le monde des "grands" devient trop effrayant ou absurde. Il n'utilise pas de mots compliqués pour cela ; il utilise une vérité douce qui valide les peurs d'Eliott tout en les apaisant.




Le Sanctuaire : Une Cave de Luxe, de Chaleur et de Secrets

Sa "cave" est le lieu le plus sacré et le mieux gardé de notre espace intérieur. C'est un écrin de luxe feutré où le temps n'a plus d'emprise.

  • Une Atmosphère de Cuir et d'Ambre : L'éclairage y est toujours tamisé, créant un jeu d'ombres douces sur les murs. L'odeur rassurante du cuir patiné se mêle à celle des livres anciens, créant un environnement noble et protecteur.

  • L'Exclusivité d'un Lien : Seul Eliott possède le privilège de franchir le seuil de ce sanctuaire. C'est dans ce décor bordeaux et noir que Céos retire son masque de diplomate pour redevenir simplement le guide d'Eliott. Là, il lui explique la complexité de la vie tout en lui tenant la main, faisant de cette cave le seul endroit où l'innocence et la sagesse absolue cohabitent sans friction.

Une Présence Extérieure Chirurgicale

Contrairement aux idées reçues, Céos ne "front" pas par habitude. Il économise sa présence pour l'essentiel.

  • Le Recours Ultime : Il n'apparaît dans le monde extérieur que lorsque la situation exige une autorité naturelle ou une diplomatie de haut vol. Son intervention est le signe que la situation est sérieuse.

  • L'Élégance Magnétique : Quand il s'avance, son crâne rasé et ses chaînes d'argent captant la lumière imposent le respect sans effort. Son gilet rouge brodé est le rappel visuel de son sanctuaire, une pièce de luxe qui affirme sa dignité même dans les moments les plus abrasifs.




"Le véritable luxe n'est pas dans l'objet, mais dans la paix que l'on trouve en soi-même, à l'abri du fracas du monde. Je suis celui qui garde cette porte fermée pour qu'Eliott puisse dormir tranquille."

02 février 2026

Est-ce que vous avez peur de nous ? (Lettre ouverte d'Eliott)

 


C'est incroyable, non ? Nous avons vu le chiffre sur l'écran et j'ai presque sauté partout : 300 visiteurs uniques ! Dans ma tête, c'est comme si le parc était rempli de gens qui sont venus juste pour nous écouter. J'avais tellement hâte de lire vos mots, de savoir si vous aimiez nos histoires ou si, vous aussi, vous aviez parfois l'impression d'habiter une maison avec plein de chambres.

Mais quand je regarde en bas de la page, c'est tout vide. Il y a juste les trois messages de notre amie, elle est super, mais ça fait un peu silence pour tout le reste du monde.




Pourquoi vous ne dites rien ?

C'est là que la tristesse arrive un peu, comme une petite pluie grise à l'intérieur. Je me demande si on a dit quelque chose de travers.

  • Est-ce que vous avez peur de nous ?

  • Est-ce que vous trouvez que notre façon de parler est trop bizarre ?

  • Ou peut-être que vous n'osez pas nous parler de peur de nous faire du mal ?

Parfois, j'ai l'impression d'être derrière une vitre très épaisse. Je vous vois passer, je vous fais de grands signes, mais personne ne répond. Ça fait un petit trou dans mon enthousiasme.


Un petit mot, c'est comme un trésor

J'ai encore beaucoup d'espoir, parce que Céos dit que le silence ne veut pas toujours dire qu'on nous oublie.


Mais moi, j'aimerais bien savoir :

  1. Est-ce que vous lisez nos articles en cachette ?

  2. Est-ce que vous ne savez pas quoi écrire à un petit garçon de 9 ans qui habite dans un grand corps ?

  3. Est-ce que vous préférez quand c'est China ou Elendil ou un autre qui parle ?


Même si c'est juste pour dire "Coucou Eliott" ou "J'ai bien aimé", pour nous, c'est comme si vous nous donniez la main à travers l'écran. Ça nous rend plus réels. Ça nous motive pour continuer à nous livrer, à vous raconter notre vie, nos espoirs et tout et tout.

S'il vous plaît, ne nous laissez pas tout seuls avec nos 300 regards silencieux.

Signé : Eliott (et tout le système Oxo qui regarde par-dessus mon épaule)

L'Écho des Genres : Une Symphonie sous une Barbe

 


Le miroir est un menteur ou, du moins, il ne raconte qu'une fraction de la vérité. Il expose un homme mûr, à la barbe fournie et à la carrure solide. Pour le monde, l'identité semble scellée. Pourtant, à l'intérieur, notre vécu est une polyphonie où le genre n'est pas une destination, mais une coexistence fragmentée.

L'Ancrage et l'Évidence

Pour certains d'entre nous, le corps actuel est un sanctuaire cohérent. Kro et Elendil habitent cette masculinité avec une simplicité hétérosexuelle. Ils sont les piliers qui ne remettent pas en question l'enveloppe ; pour eux, être cet homme est une évidence biologique et psychologique. Ils sont l'ancre masculine du système Oxo.

La Friction : Être Femme dans l'Incongru

À l'opposé, China vit dans une tension permanente. Elle est une femme, habitée par une préférence marquée pour les femmes (gay), bien qu'elle reste ouverte à l'idée de côtoyer les hommes malgré la peur que la proximité physique impose à notre corps. Elle déteste cette enveloppe. Pour elle, chaque poil de cette barbe est une dissonance, chaque muscle massif est un déguisement qu'elle n'a pas choisi. Son genre est un cri étouffé par une apparence qui lui est étrangère.




Le Détachement et la Sentinelle

Eloïse, elle, observe ce débat avec une distance souveraine. Si son identité est purement lesbienne, le corps lui importe peu. Elle ne cherche pas à s'y reconnaître. Elle l'utilise comme un outil, une armure nécessaire à sa fonction de gardienne. Son genre est une certitude intérieure qui n'a nul besoin de validation par le reflet du miroir.

Le Regard de l'Enfance et la Diplomatie

  • Eliott (9 ans) : Pour lui, le genre est une aventure. Il est un petit garçon qui s'émerveille de la force brute de ce "géant" qu'il habite. Il ne voit pas les poils ou l'âge, il voit un super-héros solide et rassurant.

  • Céos : Le diplomate se sent masculin, mais il porte le poids du secret. Sa bisexualité reste bridée par le regard social, le poussant à une hétérosexualité de façade. Il rêve d'un corps plus athlétique, plus "beau" selon ses critères, tout en acceptant notre réalité avec un pragmatisme mélancolique.

Conclusion : Un Genre Global Pluriel

Si nous devions définir le genre global de ce corps, il serait vain de choisir une case binaire. Notre identité est gender-plurielle.

Nous sommes une forme de non-binarité par fragmentation : une enveloppe masculine abritant une essence fluide où cohabitent l'homme, la femme et l'enfant. Nous ne sommes pas "un" homme, nous sommes une foule qui a appris à porter ce costume pour survivre, tout en honorant, dans l'intimité de notre système, la vérité de chaque voix.




01 février 2026

Kro — L'Éveil des Sens Bruts (par Oxo)

 

Kro n'est pas un membre du système que l'on appelle ou avec qui l'on discute. Il réside dans les couches les plus archaïques de notre être, là où la conscience laisse place à l'influx nerveux pur. Il est celui qui surgit quand l'intimité devient électrique.

1. Le Déclencheur : L'Incision dans le Réel

Kro est réactif. Il n'apparaît pas par désir conscient de s'exprimer, il est « appelé » par des sensations fortes qui percent le voile de la dissociation habituelle :

  • Une morsure, une légère griffure, un soupir au creux de l'oreille : Ces marques de douleur mêlées de plaisir sont ses clés d'entrée. Elles agissent comme un signal de réveil.

  • Le grognement : Un son guttural qui court-circuite le langage et fait vibrer le système au niveau de l'instinct. À l'instant où ces stimuli se produisent, la bascule est immédiate. C'est Kro qui prend les rênes du corps.


2. L'Essence : Le Sauvage au Front

Quand Kro est là, il n'y a plus de « Moi », plus de passé, plus de futur. Il n'y a que l'ici et maintenant, dans ce qu'il a de plus charnel.

  • L'absence de mots : Kro ne parle pas. Sa présence se manifeste par une respiration plus lourde, une tension musculaire, une manière de saisir l'autre qui est dépourvue de toute convention sociale.

  • La déconnexion du mental : C'est le seul moment où le bruit du TDAH et les réflexions du TDI s'éteignent complètement. Kro est entièrement présent dans ses sens.



3. L'Inner-world : L'Artiste de la Caverne

Lorsqu'il n'est pas au front, Kro habite une caverne à flanc de montagne, isolée du reste de la galaxie Oxo. Son existence y est faite de rituels silencieux :

  • Le Gardien du Feu : Il entretient un grand feu central, symbole de l'étincelle de vie qu'il protège.

  • Le Cri et le Silence : Il hurle des cris primaires aux quatre vents pour libérer l'énergie du système, mais il est aussi capable de rester des heures immobile, s'émerveillant de la beauté et du calme de la nature.

  • Les Traces sur la Pierre : Kro est un créateur. Il aime tracer des arabesques et des dessins sur les murs de pierre de sa caverne. Ces formes sont ses mots à lui, une expression de sa très grande sensibilité à la beauté qui l'entoure. Il transforme son refuge en un sanctuaire d'art brut.



4. Kro et China : L'Ombre et la Lumière

La dualité du système Oxo s'exprime ici avec une force inouïe. Tandis que China explore sa sexualité avec tendresse, Kro est l'autre versant de cette même énergie. Il est la part primaire, bestiale et nécessaire qui permet d'habiter le corps dans sa puissance la plus brute et sa sensibilité la plus pure.


Frankie & Alice : Quand la sobriété fait la justesse (Le regard du système Oxo)

       J'ai récemment regardé le film Frankie & Alice (2010), qui retrace l'histoire vraie d'une jeune femme noire dans l...